Un peu d'histoire


L’idée d’un colloque sur le « genre et les sexualités », champ de recherche peu exploré dans le monde, et notamment en Afrique, tient de la collaboration en matière de recherches entre le Professeure Marie-Carmen GARCIA, Sociologue, Directrice Adjointe du CresCo, et le Docteur Philippe NKOMA NTCHEMANDJI, Anthropologue-Démographe statisticien d’enquêtes, Président-fondateur de l’OICCE, sur les socialisations secondaires dans « l’extraconjugalité durable », c’est-à-dire les relations intimes et amoureuses de longues durées (plusieurs années) d’un homme marié avec une autre femme, souvent célibataire, au su ou à l’insu de l’épouse légale.


Relations s’inscrivant dans les « sexualités-en-devenir », l’extraconjugalité durable a peu ou presque pas été abordée par la sociologie et l’anthropologie françaises, encore moins par ces deux disciplines au Gabon. Quelques recherches font état du phénomène en Afrique sous l’appellation populaire des unions « deuxièmes bureaux » (Vidal 1977 et 1979 ; Lacombe 1983 ; Kuyu-Mwissa 2005 ; John-Nambo 2001), mais sans mettre au jour les configurations de genre sous-jacentes à cette forme de sexualité, à l’épreuve de la clandestinité en France (Garcia 2016), mais ouverte au Gabon (Nkoma 2016). L’ouvrage de Marie-Carmen GARCIA, Amours clandestines: sociologie de l'extraconjugalité durable, et la thèse de Philippe NKOMA NTCHEMANDJI, ‘‘L’autre femme de mon mari’’ : Anthropologie de l’extraconjugalité au Gabon (dont l’ouvrage est en cours de parution), décrivent, de manière pertinente, à travers deux milieux sociaux et culturellement différents, l’un marqué par la norme monogame, l’autre par la coexistence de la norme monogame et polygénique, les logiques des amours adultères d’hommes mariés avec leurs maîtresses, non sans faire intervenir les catégories de genre. Cette collaboration s’est donc poursuivie avec la présentation de plusieurs article et communication. L’une (communication), ayant pour titre « Échanges économico-sexuels dans les relations extraconjugales. Comparaison France-Gabon », présenté au Colloque international « Les échanges sexuels et leurs “clients” », Université Paris-Ouest Nanterre-Sophiapol), montre la dimension matérielle et affectivo-sexuelle de ces formes de sexualité. L’autre (article), intitulé « Le prix de la transgression. Mises en dettes réciproques dans les relations extraconjugales en France et au Gabon », à paraître dans le Journal des Anthropologues, démontre le système de mises en dettes réciproques entre un homme marié et sa maîtresse, lequel fait perdurer ou non le « contrat sexuel » entre les amants.


À l’aune de ce qui précède, il y a eu nécessité d’élargir ces débats sur le genre et les sexualités. D’où l’organisation de ce Colloque international au Gabon à Libreville en juillet 2019.


Bibliographie


Garcia, M-C. 2016. Amours clandestines. Sociologie de l’extraconjugalité durable. Lyon, PUL, coll. « SXS Sexualités ».


Kuyu-Mwissa, C. 2005. Parenté et famille dans les cultures africaines, Paris, Karthala, coll. « Questions d’enfances ».


Lacombe, B. 1984. « Les rapports de couple en milieu Africain », AIDELF. (1984), Les familles d’aujourd’hui. Démographie et évolution récente des comportements familiaux, n°2, Colloque de Genève du 17-20 septembre 1984.


Nambo-John, J. 2001. « Le droit et ses pratiques au Gabon », in Kuyu-Mwissa C. (dir.). 2001. Repenser les droits africains pour le XXIème siècle, Paris, Menaibuc, (Coll. « Bibliothèque de l’Académie Africaine de Théorie du droit ») : 89-104.


Nkoma Ntchemandji, P. 2016. L’autre femme de mon mari : Anthropologie de l’extraconjugalité au Gabon. Libreville, Thèse de Doctorat en Sciences Sociales, Université Omar Bongo, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Formation Doctorale des Sciences Sociales, Laboratoire d’Anthropologie (LABAN). ..




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